Histoire de la JG 20

1. La création et les origines (Juillet - Novembre 1939)

Naissance à Döberitz : La JG 20 est officiellement créée le 15 juillet 1939 sur la base aérienne de Döberitz, près de Berlin. À sa naissance, elle ne possède pas la structure lourde d'une escadre complète (Geschwader), mais se résume à un unique groupe : le I./JG 20 (commandé initialement par le Major Siegfried Lehmann, puis rapidement repris par le Hauptmann Hannes Trautloft en septembre 1939).

Montée en puissance : Au départ, l'unité ne compte que deux escadrilles (Staffeln : la 1. et la 2./JG 20). Une troisième (3./JG 20) vient compléter l'effectif le 5 novembre 1939 à Brandenburg-Briest.

Équipement : Dès le début, le groupe vole sur le chasseur de the référence de la Luftwaffe, le Messerschmitt Bf 109, principalement dans sa version E (l'« Emil ») dotée du moteur Daimler-Benz DB 601.

2. La "Drôle de guerre" et l'invasion de la Pologne

Pendant les premiers mois de la guerre (automne-hiver 1939-1940), alors que le front de l'Ouest est relativement calme, la JG 20 alterne entre des périodes d'entraînement au sol au cœur de l'Allemagne et des missions de patrouille et de défense aérienne à l'intérieur des frontières du Reich. L'unité affine ses tactiques de combat aérien sous l'impulsion de Hannes Trautloft, un vétéran de la guerre d'Espagne qui prépare ses hommes aux méthodes de combat en formation ouverte (Schwarm).

3. Le baptême du feu : la Campagne de France (Mai - Juin 1940)

Le véritable destin opérationnel de la JG 20 se joue au printemps 1940 lors du plan Jaune (Fall Gelb) et de l'invasion de la France et des Pays-Bas. Rattachée à la Luftflotte 2, l'unité suit de très près la pointe de l'avancée allemande :

La percée initiale : Les Bf 109 de la JG 20 franchissent les frontières en mai 1940, passant par des bases aux Pays-Bas et en Belgique (comme Eindhoven ou Gand) pour appuyer la progression des blindés et éliminer l'aviation alliée (Morane-Saulnier, Curtiss Hawk, Dewoitine).

L'enfer du Nord et de la Somme : En juin 1940, l'escadron opère activement au-dessus du Nord de la France et de la zone de la Somme, se posant sur des aérodromes de campagne improvisés au rythme des combats (notamment dans la région de Saint-Omer, puis à Estrées-lès-Crécy ou Boos près de Rouen). Ses missions consistent à escorter les bombardiers en piqué (Ju 87 Stuka), à balayer le ciel pour interdire aux Alliés de perturber la progression de la Wehrmacht, et à soutenir la fermeture de la nasse autour des forces franco-britanniques.

4. La dissolution et l'héritage (Juillet 1940)

La campagne de France s'achève par l'armistice de juin 1940. La Luftwaffe procède alors à une vaste réorganisation de ses forces pour préparer la future Bataille d'Angleterre.

Le 4 juillet 1940, la JG 20 cesse d'exister sous ce nom.

Son unique groupe (le I./JG 20) est officiellement intégré au sein d'une escadre beaucoup plus grande, la célèbre Jagdgeschwader 51 (JG 51) commandée par Werner Mölders.

Concrètement, l'état-major du groupe (Stab I./JG 20) devient le Stab III./JG 51, et les trois escadrilles (1, 2 et 3./JG 20) deviennent respectivement les 7., 8. et 9./JG 51.

Sous cette nouvelle bannières et avec leurs appareils, les pilotes de l'ancienne JG 20 basculeront immédiatement dans le ciel de la Manche pour participer aux âpres combats aériens de l'été et de l'automne 1940 face à la Royal Air Force.